vendredi 29 avril 2011

Libertad Bajo Palabra

" Invento la quemadura y el aullido, la masturbación en las letrinas, las visiones en el muladar, la prisión, el piojo y el chancro, la pelea por la sopa, la delación, los animales viscosos, los contactos innobles, los interrogatorios nocturnos, el examen de conciencia, el juez, la víctima, el testigo. Tú eres esos tres. ¿A quién apelar ahora y con qué argucias destruir al que te acusa? Inútiles los memoriales, los ayes y los alegatos. Inútil tocar a puertas condenadas. No hay puertas, hay espejos. Inútil cerrar los ojos o volver entre los hombres: esta lucidez ya no me abandona. Romperé los espejos, haré trizas mi imagen, que cada mañana rehace piadosamente mi cómplice, mi delator. La soledad de la conciencia y la conciencia de la soledad, el día a pan y agua, la noche sin agua. Sequía, campo arrasado por un sol sin párpados, ojo atroz, oh conciencia, presente puro donde pasado y porvenir arden sin fulgor ni esperanza. Todo desemboca en esta eternidad que no desemboca. 
[...] Contra el silencio y el bullicio invento la Palabra, libertad que se inventa y me inventa cada día."

Libertad Bajo Palabra, Octavio Paz, 1949 

J'invente la brûlure et le hurlement, la masturbation dans les latrines, les visions dans le fumier, la prison, le pou et le chancre, la bataille pour la soupe, la délation, les animaux visqueux, les frôlements ignobles, les interrogations nocturnes, l'examen de conscience, le juge, la victime, le témoin. Tu es en trois. A qui en appelles-tu maintenant et avec quelles arguties veux-tu détruire celui qui t'accuse? Inutiles, les placets, les plaintes, les alibis. Inutile de frapper aux portes condamnées. Il n'y a pas de portes, mais des miroirs. Inutile de fermer les yeux, ou de retourner parmi les hommes : cette lucidité ne m'abandonne plus. Je briserai les miroirs, je mettrai en morceaux mon image, que mon complice, mon délateur, chaque matin reconstitue pieusement. La solitude de la conscience et la conscience de la solitude, le jour avec pain et eau, la nuit sans eau. Sécheresse, champ ravagé par un soleil sans paupières, œil atroce, ô conscience, présent pur où le passé et l'avenir brûlent sans éclat ni espérance. Tout débouche dans cette éternité qui ne débouche nulle part.
[...] Contre le silence et le vacarme, j'invente la Parole, liberté qui s'invente elle-même et m'invente, chaque jour.
traduction de Jean-Clarence Lambert

dimanche 17 avril 2011

16 avril 2011 : ISP nationale

Bonjour à tous ! Retour en images sur l'ISP nationale à Paris ... un grand merci à tous pour votre aide,avec une mention spéciale pour Camille.


Place Stalingrad, et sous le soleil, on vous proposait de faire un tour par la case prison ...




Tandis que Place Stravinsky, on s'interrogeait sur votre degré de dangerosité ...



 Avec des personnalités de choix ...



Prochain rendez-vous à l'Assemblée Générale, les 18 et 19 juin ! A très bientôt !

vendredi 15 avril 2011

Prisons : faites circuler l'information

Demain,samedi 16 avril
rendez-vous place Stravinski 
(à côté de Beaubourg) 
ou place Stalingrad, 
de 9 heures à 18 heures ! 

Fleurystes, nous avons besoin de votre aide active durant toute la journée sur la première place.
Quelle pertinence et quelle réalité pour les idées de dangerosité et de réinsertion ? Nous essaierons de l'évoquer ensemble au travers de reconstitutions de cellules et de mises en question diverses et variées !

Soyez nombreux, que vous soyez génépistes ou non ...
Si votre curiosité est piquée au vif, nous vous attendons !

Communiqué de presse
Samedi 16 Avril 2011, partout en France, des groupes locaux du GENEPI (Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées), matérialiseront par divers moyens des cellules de 9m² dans des lieux publics afin de rappeler à leurs concitoyens qu’en 2011, 64 148  personnes vivent derrière les hauts murs qui ceignent nos prisons. Afin de les interpeller sur les réalités de l’organisation carcérale et les implications des évolutions législatives, ils porteront à leur réflexion une multitude de thématiques précises (l’accès aux soins en prison, l’expression collective et individuelle des prisonniers, etc.). Ils alerteront la société civile sur les effets délétères de l’irruption de la notion de dangerosité dans le paysage médiatique, sur l’orientation sécuritaire des politiques qui perdent alors tout contact avec la réalité de la délinquance, sur la situation indigne des étrangers que l’on enferme sans autre espoir de réinsertion qu’un billet de charter…
Il y a 30 ans, le GENEPI affirmait publiquement son opposition à la politique gouvernementale en matière de réinsertion, en réponse à la loi Peyrefitte « Sécurité et Liberté », considérant que « son action bénévole ne devait pas servir à masquer une situation du milieu carcéral qui ne fabriquait que des laissés pour compte ». A cette occasion, l’association affirmait que les réactions, même vives, d’un partenaire critique du ministère de la Justice, devaient contribuer à tempérer les dérives d’une double logique médiatique et sécuritaire. Dès lors, révéler le fonctionnement de la prison au-delà des discours moralisateurs et des caricatures électoralistes devenait partie intégrante de son ambition.
30 ans après, à l’heure où la LOPPSI 2 vient couronner le retour des politiques sécuritaires, cet impératif garde toute sa vivacité. En effet, cette dernière loi agrège et accentue un grand nombre des évolutions pénales de la dernière décennie. Partiellement censurée par le conseil constitutionnel, elle demeure inquiétante pour les équilibres démocratiques de notre pays (peines planchers étendues aux primo-délinquants, extension des mesures de sureté, etc…) Cet arsenal pénal renforcé manifeste donc que la prison demeure au cœur de la pénalité. Nous avons donc toutes les raisons de croire que ces tendances structurelles auront bientôt raison de la relative stabilisation du nombre de personnes incarcérées, constatée ces derniers mois : la population écrouée ne cesse de s’accroître, le parc pénitentiaire poursuit son expansion et devrait porter à plus de 68000 le nombre de places opérationnelles d’ici 2017. Omniprésente, la prison est pourtant invisible ; au cœur de notre système pénal, elle est repoussée à la périphérie des villes. C’est donc dans une indifférence quasi générale qu’on y entasse des hommes, des femmes et des enfants en feignant de croire qu’on va les réinsérer.
Afin de rendre la prison visible, faites circuler l’information !

vendredi 8 avril 2011

ISP nationale

Avis aux Fleurystes ! La réunion pour préparer l'ISP nationale aura lieu le lundi 11 avril à la MIE, à 19 h 30. Je vous rappelle que l'ISP aura lieu le 16 avril.
Maison des Initiatives Etudiantes
50, rue des Tournelles 
(métro Bastille ou Chemin Vert)
Venez nombreux !
Bon week-end à tous,
Anne

lundi 4 avril 2011

La Prison Ruinée

Bonjour à tous,
Benjamin a fait une heureuse rencontre il y a quelque temps ... celle de Brigitte Brami, qui publie La Prison Ruinée aux Editions Indigènes (Indignez-vous a été publié dans la même collection). Elle a 46 ans et a passé cinq mois à la MAF de Fleury. Voici un extrait, d'autres sont disponibles sur le site des éditeurs.

"L’été, à la MAF, et même dès le début du printemps, la chaleur est intense. Les cours de promenade se transforment en plages, et les détenues aux seins dénudés s’allongent sur l’herbe en enduisant leurs corps respectifs, caramélisés par le soleil, d’huile d’amande douce. Leurs muscles sont relâchés par une défonce tranquille – cocktail de psychotropes, de traitements substitutifs à l’héroïne et de cannabis. Plongées dans une espèce de faux sommeil, ces filles lascives s’enfoncent dans leur drap de bain moelleux, sorti à l’occasion avec un polar qu’elles n’auront pas la force mentale d’ouvrir. Une très coquette et très plantureuse conseillère municipale d’une cinquantaine d’années, atterrie ici pour abus de biens sociaux, fait circuler son brumisateur aux magiques gouttelettes. [...]
On l’a dit plus haut : les bagarres font aussi partie de ces après-midi. Les esprits s’échauffent. Des bandes rivales se remémorent d’anciens conflits dans un climat hautement belliqueux ; les filles arrivent de toute la cour de promenade pour participer aux règlements de compte ; les spectatrices sont nombreuses et encerclent les principales adversaires. Il arrive que pour un vêtement qui n’a pas été rendu à temps, une poto qu’il faut venger, ou tout simplement à cause du soleil qui tape trop fort, un seul geste provoque en quelques secondes une mêlée digne de celles d’Astérix le Gaulois…
Voilà comment vivent ces prisonnières qui font autant peur que jouir ceux qui les condamnent moralement. Les filles de Fleury Mérogis  sont les filles à la beauté cabossée, irrésistible parce que singulière, dont les bourgeois rêvent sans jamais oser les rencontrer. Le bourgeois les aime, qu’il l’admette ou non. Il paye afin de pouvoir les regarder, il les admire, et les a désirées…au cinéma. Ces très jolies filles qui n’ont peur de rien, et qui, une fois libérées, bravent la nuit, un grand couteau dans leur petit sac – rempli de préservatifs – ou dans leurs longues bottes, qui dorment dans les rues, s’enivrent, volent, fument du crack, se prostituent à l’occasion, tuent aussi parfois, ce sont les héroïnes que les bourgeois recherchent dans la littérature ou sur leurs écrans, mais fuient ou ne leur accordent que pitié – cette fameuse pitié aristotélicienne conjuguée à la crainte qui toutes deux font partie du phénomène cathartique – quand ils les croisent dans la réalité."

La Prison Ruinée, Editions Indigènes, 40 pages, 3 €

dimanche 3 avril 2011

Retour sur les Assises

Fraîchement remis de nos émotions, voici quelques photos pour vous remémorer les Assises de ce week-end. J'en partage la responsabilité avec Derek. Un grand merci au BNE et au groupe de Lille pour l'organisation de ces deux jours !

En attendant le départ en fanfare ...


... qui aura animé les rues de Lille !

Petit débat IDFC avant d'aller se coucher

La pluie ne semble pas venir à bout de la ferveur des génépistes !

Juliette et Alix

Retour sur le financement de l'association

Enthousiaste mais concentré, le CA ne rigole pas ...

... à un bout comme à un autre de la salle.