vendredi 15 avril 2011

Prisons : faites circuler l'information

Demain,samedi 16 avril
rendez-vous place Stravinski 
(à côté de Beaubourg) 
ou place Stalingrad, 
de 9 heures à 18 heures ! 

Fleurystes, nous avons besoin de votre aide active durant toute la journée sur la première place.
Quelle pertinence et quelle réalité pour les idées de dangerosité et de réinsertion ? Nous essaierons de l'évoquer ensemble au travers de reconstitutions de cellules et de mises en question diverses et variées !

Soyez nombreux, que vous soyez génépistes ou non ...
Si votre curiosité est piquée au vif, nous vous attendons !

Communiqué de presse
Samedi 16 Avril 2011, partout en France, des groupes locaux du GENEPI (Groupement Etudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées), matérialiseront par divers moyens des cellules de 9m² dans des lieux publics afin de rappeler à leurs concitoyens qu’en 2011, 64 148  personnes vivent derrière les hauts murs qui ceignent nos prisons. Afin de les interpeller sur les réalités de l’organisation carcérale et les implications des évolutions législatives, ils porteront à leur réflexion une multitude de thématiques précises (l’accès aux soins en prison, l’expression collective et individuelle des prisonniers, etc.). Ils alerteront la société civile sur les effets délétères de l’irruption de la notion de dangerosité dans le paysage médiatique, sur l’orientation sécuritaire des politiques qui perdent alors tout contact avec la réalité de la délinquance, sur la situation indigne des étrangers que l’on enferme sans autre espoir de réinsertion qu’un billet de charter…
Il y a 30 ans, le GENEPI affirmait publiquement son opposition à la politique gouvernementale en matière de réinsertion, en réponse à la loi Peyrefitte « Sécurité et Liberté », considérant que « son action bénévole ne devait pas servir à masquer une situation du milieu carcéral qui ne fabriquait que des laissés pour compte ». A cette occasion, l’association affirmait que les réactions, même vives, d’un partenaire critique du ministère de la Justice, devaient contribuer à tempérer les dérives d’une double logique médiatique et sécuritaire. Dès lors, révéler le fonctionnement de la prison au-delà des discours moralisateurs et des caricatures électoralistes devenait partie intégrante de son ambition.
30 ans après, à l’heure où la LOPPSI 2 vient couronner le retour des politiques sécuritaires, cet impératif garde toute sa vivacité. En effet, cette dernière loi agrège et accentue un grand nombre des évolutions pénales de la dernière décennie. Partiellement censurée par le conseil constitutionnel, elle demeure inquiétante pour les équilibres démocratiques de notre pays (peines planchers étendues aux primo-délinquants, extension des mesures de sureté, etc…) Cet arsenal pénal renforcé manifeste donc que la prison demeure au cœur de la pénalité. Nous avons donc toutes les raisons de croire que ces tendances structurelles auront bientôt raison de la relative stabilisation du nombre de personnes incarcérées, constatée ces derniers mois : la population écrouée ne cesse de s’accroître, le parc pénitentiaire poursuit son expansion et devrait porter à plus de 68000 le nombre de places opérationnelles d’ici 2017. Omniprésente, la prison est pourtant invisible ; au cœur de notre système pénal, elle est repoussée à la périphérie des villes. C’est donc dans une indifférence quasi générale qu’on y entasse des hommes, des femmes et des enfants en feignant de croire qu’on va les réinsérer.
Afin de rendre la prison visible, faites circuler l’information !

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