mardi 3 mai 2011

Rapport d'activité 2010 du CGLPL

Bonjour à tous,

Jean-Marie Delarue a aujourd'hui présenté à la presse son rapport d'activité pour 2010. Ce dernier est épais de 404 pages, et le dossier de presse est notamment disponible sur le site du CGLPL (cf. adresse dans la rubrique "quelques liens"). Avis aux curieux !

"Des droits fondamentaux sont encore méconnus", a lancé Jean-Marie Delarue, reprochant à l'Etat de ne pas assurer des conditions de vie dignes aux détenus. Ses contrôleurs ont parfois mesuré une température de 11° en cellule: "On y crève de froid, puis on y meurt de chaud". Il dénonce aussi l'obscurité subie par certains, et les moisissures comme compagnons pour d'autres. 
Le contrôleur général reproche à l'administration pénitentiaire de ne pas toujours garantir aux détenus à confidentialité des échanges avec leurs avocats, que ce soit par téléphone ou par courrier. 
Quant à l'accès aux soins, Delarue juge que rien n'est aujourd'hui réglé, que ce soit en garde à vue ou en détention. Il critique le fait que le personnel de surveillance ne respecte pas toujours la confidentialité des consultations. "Elle n'est préservée, selon la loi que pour les examens gynécologiques et les accouchements, regrette le Contrôleur. Les surveillants ne devraient jamais être présents pendant les consultations, sauf à la demande du personnel médical." Pour Jean-Marie Delarue, il est également inacceptable que dans un centre spécialisé sur les infractions sexuelles, des détenus doivent attendre huit mois pour un premier rendez-vous avec un psychologue.  

Le Contrôleur général juge singuliers certains textes parus au Journal officiel. Dans son édition du 5 mars 2011, on trouve la liste des objets autorisés en détention: "Les dessins d'enfants sont enfin admis... à condition qu'ils ne dépassent pas 10 centimètres! L'administration est donc capable de pondre cela." Toujours au sujet des enfants, Delarue estime qu'il ne devrait pas y avoir d'enfants de moins de 18 mois en détention: "Les femmes qui vont accoucher devraient pouvoir bénéficier d'un aménagement de peine." 
Jean-Marie Delarue a rencontré ce lundi le président de la République Nicolas Sarkozy: "Il m'a dit que nous faisions un travail sérieux." Pour autant, ces avis ne sont pas souvent suivi d'effets. Delarue estime pourtant que sa mission est de convaincre. Pas d'affronter.  

(François Koch, lexpress.fr)

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